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Avec L & G France, Apicil conforte son indépendance

Après avoir bouclé le rachat de Skandia en février 2015, le groupe de protection sociale rhônalpin (GPS) Apicil a annoncé, le 4 janvier, avoir finalisé celui de la filiale française de l’assureur britannique Legal & General (L & G).

Apicil franchit un nouveau palier en assurance de personnes avec cette acquisition qui va lui permettre d’encaisser environ 2 Mds€ de primes au total en 2016 (contre 1,4 Md€ en 2014) et de presque doubler en deux ans ses actifs en gestion (13 Mds€). « Il va ainsi se renforcer sur ses deux métiers principaux que sont l’assurance vie et la santé prévoyance », se félicite Philippe Barret, directeur général du groupe. Au final, le GPS devrait réaliser la moitié de son activité concurrentielle en assurance vie et épargne. Conforté par l’entrée en substitution, au 1er janvier, de Miel Mutuelle, son pôle mutualiste va y contribuer à hauteur de 25 %. Avec l’émission, cet automne, d’un titre subordonné de 150 M€, Apicil s’est, de surcroît, reconstitué un matelas de liquidités pour faire face à toute autre opportunité… et continuer à préserver farouchement son indépendance.

Les partenaires sociaux rhônalpins qui pilotent Apicil – et qui ont d’ailleurs changé de présidence en décembre – entendent bien rester seuls maîtres à bord. L’institution de prévoyance qui abrite les nouvelles filiales devrait conserver sa prééminence au sein du projet de société de groupe d’assurance de protection sociale, qui sera soumis aux assemblées générales de juin. Mais ils veulent aussi éviter de se faire dicter leur stratégie par l’Agirc-Arrco, en respectant scrupuleusement 96,5 % des objectifs de gestion en retraite complémentaire (1,4 Md€ de cotisations, soit 2,4 % du total). « Sachant que ce taux atteint en moyenne 90 % dans les autres GPS, il ne serait pas rationnel de vouloir nous rapprocher d’un autre groupe », souligne Philippe Barret. Reste à savoir ce qu’il adviendra de cette indépendance, âprement négociée en 2013, lors de la mise en œuvre en 2019 du nouveau train d’économies de 300 M€ inclus dans l’accord Agirc-Arrco du 30 octobre.

« Ce n’est pas d’actualité mais si nous sommes amenés à choisir, nous ne sacrifierons pas notre capacité de décision pour conserver la retraite complémentaire à tout prix », observe le DG.
 
Paru dans Protection Sociale Informations: N° 1008 du 13/01/2016